Bucarest hidden : la ville qui surprend
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Carnets de voyage

Bucarest hidden : la ville qui surprend

Heldonica18 mai 20265 min de lecture

Ouverture

Architecture Art Nouveau, restos underground et street art.

## Bucarest, la ville qu''on n''attendait pas Bucarest ne fait pas partie des destinations qu''on rêve de visiter. Pas de tour Eiffel, pas de canaux, pas de mythe romantique à entretenir. Et pourtant. On y est allé sans attentes, et on en est revenu avec quelque chose de difficile à nommer — une sorte d''attachement étrange pour une ville qui ressemble à nulle autre. Bucarest est bruyante, contradictoire, à la fois soviet et baroque, moderne et décrépite. Elle ne fait pas d''efforts pour plaire. Et c''est exactement ce qui la rend fascinante. ## Le delta de Bucarest : la nature dans la ville À quelques minutes du centre, caché derrière un mur de béton, le **parc naturel de Văcăreşti** est l''une des pépites les plus insolites d''Europe. Surnommé le delta de Bucarest, ce site de 184 hectares était à l''origine un grand réservoir entamé sous Ceauşescu, jamais terminé, et abandonné après la chute du régime. Nature a repris ses droits. Pendant deux décennies, sans intervention humaine, une biodiversité comparable à celle d''un petit delta de rivière s''est développée à l''intérieur. Aujourd''hui, on y observe des cormorans, des loutres, des renards, des cigognes. Il y a des plateformes d''observation, des sentiers, des panneaux d''information. On descend dans le bassin par une pente de béton escarpée et on se retrouve **compltètement déconnecté de la ville** — même si on est à dix minutes de métro du centre. C''est l''un de ces endroits qu''on garde précieusement une fois qu''on l''a trouvé. ## Schitu Dârvari : l''abbaye invisible Dans un quartier résidentiel assez central, entourée de grands murs, il y a une petite église que personne ne soupçonne. **Schitu Dârvari** est un havre de paix miraculeusement préservé du bruit de la capitale. Un jardin, des bancs, des arbres, le chant des oiseaux. On s''y assoit et on oublie qu''on est à Bucarest. C''est la Roumanie d''avant — des couvents et des jardins, du silence et de la prière, une atmosphère de province dans le cœur de la capitale. ## La rue Xenofon et la colline Filaret **La rue Xenofon** est la seule rue de Bucarest qui monte en escaliers — 70 marches pour précisément — près du Parc Carol. Elle mène au plus haut point de la ville, la colline Filaret, d''où on a une vue saisissante sur le **Palais du Parlement** — l''un des bâtiments les plus grands et les plus controversés du monde, construit par Ceauşescu au prix de la démolition de quartiers entiers de la vieille ville. De là-haut, le monument écrase tout. On le comprend différemment qu''en visite guidée : comme un symbole d''excès, de folie des grandeurs, d''histoire mal digérée. **Bucarest porte ses cicatrices à ciel ouvert. C''est ce qui la rend honnête.** ## Les jardins de Cişmigiu le soir Les **jardins de Cişmigiu** sont le poumon vert du centre-ville. Vieux de plus de 170 ans, ils sont l''endroit où les Bucarestois viennent jouer aux échecs, lire, se promener à vélo, ou simplement s''asseoir sous les arbres centenaires. Le soir, ils prennent une dimension particulière. Des poètes, des joueurs d''échecs, des familles, des couples — tout le monde se retrouve là, dans une atmosphère de salon à ciel ouvert. Apporte une bouteille de vin local, trouve un banc tranquille, et observe. **Bucarest révèle son meilleur visage à ceux qui prennent le temps de s''asseoir.** ## Calea Victoriei : le grand boulevard qu''on oublie de lire **Calea Victoriei** est l''artère centrale de Bucarest — mais c''est aussi un musée à ciel ouvert que la plupart des visiteurs traversent trop vite. On y trouve le palais royal reconverti en musée national d''art, l''Athénée, la Bibliothèque universitaire, des hôtels particuliers des années 1900 au style Art nouveau. Entre les années 1900 et 1940, Bucarest était surnommée le **Petit Paris**. L''architecture de cette époque est toujours là, parfois héroïque, parfois écroulée, couverte de lierre ou de filets de sécurité. Elle raconte une ville qui a été belle et qui essaie, encore, de se retrouver. ## La scène artistique du quartier de la vieille ville Le **quartier de la vieille ville** (Centrul Vechi) est l''endroit où se concentrent bars, restaurants et vie nocturne. C''est touristique, c''est bruyant, et la nuit c''est parfois excessif. Mais en journale, entre les ruelles pavées, il y a encore des cours que les touristes ne trouvent pas, des petits restaurants familiaux, des galeries d''art underground. On s''y laisse porter. On entre dans les cours au hasard, on commande un café dans un endroit sans nom affiché, on s''attable là où les locaux déjeunent. **La vraie magie de Bucarest se joue dans ces interstices, entre les clichs touristiques.** ## Ce qu''on sait de Bucarest Bucarest n''est pas une destination facile à aimer au premier coup d''œil. Elle demande un peu de patience, un peu de curiosité, et la volonté de ne pas comparer. Ce n''est pas Prague, ce n''est pas Vienne. C''est quelque chose d''autre. C''est une ville en transition permanente — entre communisme et modernité, entre rénovation et dégradation, entre mémoire et oubli. Elle porte tout ça avec une sorte de désinvolture qui, finalement, est assez attachante. **Si tu cherches une destination européenne qui ne ressemble à rien d''autre, qui te surprendra, te dérangera parfois et te fascinera toujours — Bucarest est pour toi.**
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